Décolâge ! contre le redoublement
Depuis des années, les experts répètent sur tous les tons que le redoublement est inefficace. Dès l'école maternelle, il éloigne les enfants de leurs copains et copines. Il les stigmatise. Il les punit quand il faudrait plutôt les encourager. Mais beaucoup d'enseignants continuent à se demander s'ils ne doivent pas, malgré tout, recourir à cette mesure.
Afin de ne pas les laisser seuls devant ce dilemme, la ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet lance le projet « Décolâge ! ».
« Il faut que le problème soit repéré, diagnostiqué, traité par des approches différenciées, durant l'année scolaire », souligne Marie-Dominique Simonet. « À cet effet, les enseignants ont besoin d'un cadre de travail. C'est ce cadre que nous voulons concrétiser en mobilisant, à travers le projet Décolâge, l'ensemble des acteurs qui, d'une manière ou d'une autre, à un moment ou à un autre, interviennent dans le système éducatif. Insuffler, faire émerger, propager, accompagner, ajuster sont donc les mots d'ordre qui guident notre action. Tout comme valoriser et soutenir tout ce qui se fait déjà. La condition essentielle à la réussite d'un tel projet est que le monde éducatif se mette en mouvement ! C'est ce qui se cache derrière « Décolâge ». Une contraction de trois mots : décoller, école et âge. »
Des trios d'échanges
Le projet cible les enfants de 2,5 ans à 8 ans. Avant sa concrétisation à la rentrée, cette alternative au redoublement a été présentée à 980 enseignants du maternel et du primaire, directeurs, conseillers pédagogiques, agents d'un centre psycho-médico-social (PMS), forma-teurs et futurs enseignants. On leur a décrit les moyens qui seront mobilisés pour réduire progressivement, ou rendre inutiles, les maintiens en 3e maternelle, les redoublements en 1re et 2e du primaire.








